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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 21:21

Quel temps à Paris ?

 

Pendant qu’il

Fait beau

A Bora Bora

Qu’il fait chaud

A Cholet

Qu’il pleut

A Plouay

Et qu’à Rennes

Les rainettes

Sont de Sortie

A Paris

Loin des averses

De Versailles

Des trombes d’eau

D’Aulnay

Du tonnerre

De Nanterre

Et des éclairs

Menaçants

De Mennecy

Avec ou sans

Parapluie

Le temps

Ne compte pas

Pardi !

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 00:14

15 ans déjà, que la roue tourne

Papa, mon Père, mon bloc de glace

Mort pour rien et en un clin d’œil

A la fin du mois de mai 1997

Dans le même nombre d’années

Si elles daignent pouvoir s'écouler

J’aurai plus que ton âge lorsque tu es parti

Passé le mi-chemin d’avec toi pour essayer encore

De t’élucider

Toi qui parlais peu et qui aimais les saules pleureurs

Une faute de goût peut-être

Par rapport à ce que ton orphelin de cœur

Ne pouvait dévoiler

Aucun souvenir d’embrassade

Peu de mot tendre et rassurant

‑Tant pis sûrement‑

Juste une présence à l’ombre de qui

J’avais bien du mal à me définir

Mais quelle ombre, aussi grande que celle

D’un cheval taillé pour la course

Un drôle d’ouvrier mon père

Avec ses airs de « Je suis Alain le juste »

Dans l’intensité de ses yeux vert clair

Et le gris harmonieux de ses tempes saillantes

Un gars de Quily, près de Ploërmel, qui ressemblait à un médecin

Ou peut-être à un extra-terrestre pour les gars du coin

(j’entends encore le nom d’Alain qui résonne comme dans un parloir,

Lieu sérieux mais tenu à l’écart pour recevoir les visiteurs)

Aussi racé qu’un Bourgeois et en même temps

Un amoureux du musette, du vélo, puis de la pétanque

Grandes passions des gens de sa génération

Pourquoi Alain, je ne sais pas

Il y eut, il y a fort longtemps

Un Alain le grand, Comte de Vannes

Alain Barbetorte, Duc de Bretagne

Alain II, Comte de Nantes

Alain IV, dit Alain Fergent

Pourquoi pas

 

Mais il y eut surtout mon père, un être mystérieux

Au cœur tendre de crocodile

Qui me manque et que je n’oublie pas

A bientôt Père inquiet, timide, insaisissable

Et qui malgré ta maladresse et subtile gentillesse

Impressionnais, impressionnes vraiment

L’enfant, l’adolescent puis l’homme aujourd’hui

Que je suis finalement devenu

Au pied des saules pleureurs

Traversés par ton être absent.

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 20:44

                        Les jours de la semaine 

 

                                                L’un dit lundi

                                                L’autre m’a redit mardi

                                                Ah non mercredi

                                                Quand je dis jeudi

                                                En coup de vendredi

                                                Ça me dit samedi

                                                Mais tu me dis dimanche

                                               

                                                Lien : http://screencast.com/t/0BZAES8YBm

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 12:31

Calumet

 

Si tu veux ravir le feu

Au ciel, souffle encore un peu

Mais sans te brûler la tête

Pour quelques jeux d’allumettes

 

Dans les volcans je me mets

A prier mon calumet

Qu’il m’élève vers les cieux

Et leurs anges facétieux

 

Pars en paix, pars en fumée

Comme une onde parfumée

En faisant fi des agents

Aux pouvoirs ignifugeants.

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 12:28

        Astrologie

 

Dans les vertiges de cendres

Face à ces cris du ciel

Et nos terres lissées

Par les rondes d'enfants

S’évadent leurs rires estropiés

 

Toujours dans l’espace de sinuosité des arbres

Un labyrinthe creux s’exaspère à me vendre

Ce transfert de métal aux formes allégées

Que caresse le feu

D’où s’effacent tes doigts

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 17:05

 

Le creuset mythologique

 

 

Dans les activités scientifiques à la petite semaine, j’erre serein parmi vous sur cette terre —je suis un ingénieur en sûreté nucléaire. On m’a embauché pour effectuer des tâches précises et quasi-invariables si tout se passe, il va s’en dire, comme il se doit, alors à moi de me conformer du mieux que je peux aux règles procédurières qui me furent dictées dès mon arrivée et tout ira bien, ceci étant aussi la condition sine qua non pour la centaine de collègues chercheurs et techniciens qui travaillent en ma compagnie.

J’aime la fulgurante force divine qui émane de ces pressuriseurs et autres générateurs au service du réacteur, je les trouve, comment dirais-je, d’une beauté à la fois sophistiquée, sublime et terrifiante telle le Feu magique et purificateur que ce titan de Prométhée nous offrit à nous tous, braves petits humains.

Bien entendu, nulle n’est mon intention de vous convaincre de la grâce suave que l’on peut ressentir physiquement au contact de ces colossales machines étudiées pour être pleinement dociles et opérantes lors de leurs conceptions issues de quelques cerveaux aux fonctionnements émo-cognitifs aussi abyssaux que les parties les moins éclairées de l’univers.

Cerveaux géniaux toutefois dont la principale valeur sociale est d’impressionner autant en amont ma personne compétente en ce domaine, qu’au niveau décisionnaire, le politique à cravate bleu ciel foncé sur chemise blanche ou l’économiste à la bedaine et au portefeuille sur-gonflées, qu’en aval, vos grands yeux rivés sur votre télé haute-définition reliée à un puissant ampli qui délivre dans vos superbes enceintes hi-tech un son mega dolby surround cristallin et revigorant lorsque que vous écoutez Bach, Eminem ou Aretha Franklin.

Bien sûr, faut-il le rappeler une fois encore, je ne fais qu’exécuter des ordres programmés bien à l’avance dans cette vaste usine labyrinthique, ce qui me rappelle aussi modestement que je ne suis qu’un infime maillon —utile, soit— de cette longue chaîne atomique entortillée en de multiples serpentins véhiculant ou filtrant matières gazeuses et liquides indispensables à la réalisation de notre suprême cocktail énergétique s’en allant ennuyer la nuit et son obscurité malfaisante sur le monde. Bref, peut-être, que je vous ennuie aussi avec tout ce charabia poético-scientifique et que vous ne trouvez aucun charme lyrique à ce qui permet proprement à un réacteur de produire de l’énergie, et de surcroît de façon propre. En outre, je peux supposer que vous êtes d’esprit pratique : tant que vous avez votre bon petit chauffage en ce matin d’hiver pour maintenir un certain degré d’homéostasie dans votre joli quatre pièces citadin, que votre radio-réveil vous joue suavement ses petites ritournelles civilisées tandis que vous vous appliquez à préparer quelques tranches de pain de mie grillées juste à point pour vos deux chers bambins, alors que votre femme finit de repasser avec grand soin le col blanc de votre chemise en coton d’honnête fonctionnaire de banlieue paisible, vous ne voulez pas trop vous poser de questions car tout cela est manifestement quelque peu compliqué, de surcroît à 7 heures du matin en plein milieu de semaine ; de toute façon, on n’y peut rien sur nos choix en matière d’énergie, et d’ailleurs, de quoi devrait-on se plaindre ? Les experts vous diraient que tout cela marche à la perfection, ce 4/5 d’électricité national provenant de nos 58 réacteurs. On n’est pas ici chez les soviétiques d’Ukraine des années 80, alcooliques, bordéliques et en plus aussi maladroits que les Nord-Américains de 3 mile Island aux larges lunettes fumées pour tenter de dissimuler tant bien que mal avec des moustaches ringardes en contrepoids les narines hypertrophiées par la coco des seventies. Quand même !

Donc, en gros, vous vous moquez presque de ce à quoi ressemble une bonne centrale nucléaire française ; d’ailleurs vous ne vous êtes jamais rendu compte qu’il y en avait juste une à dix kilomètres de chez vous à vol d’oiseau et qu’il y a quelques mois, le 19 juillet autour de 4 heures et demie du matin, il y a eu soudain une épaisse fumée qui a commencé à s’échapper du réacteur 2, suite à une défaillance du condenseur, dont une partie de la structure est conçue pour récupérer l’eau du fleuve (je vous épargnerai les détails de l’incident d’ailleurs tenus secrets). De toute façon, louons notre savoir-faire, notre équipe a rapidement maîtrisé la situation (info classée également top-secret), et ce n’est, hélas, ni la première ni la dernière fois que de l’imprévisible se glisse dans une mer huilée de prévoyance et de routine quelle que soit la profession, n’est-ce pas ? Enfin, tout cela ne vous intéresse somme toute pas trop, l’ignorance est une vertu comme on dit dans certains milieux.

Cependant, pris d’un léger doute existentiel dans cette routine cotonneuse d’un matin brumeux de décembre, vous vous mettez à penser à mon travail d’ingénieur, et après quelques secondes passées dans les ténèbres de l’incertitude et de la méconnaissance du sujet, lors du brossage de vos belles dents blanches de génial sapiens, vous commencez à recracher comme une sorte de vapeurs acides sécrétées par votre imagination qui s’emballe au contact du bicarbonate de soude du dentifrice et de la brosse à dents. Finalement, la gorge desséchée mais parfaitement stérilisée, la raison parvient à reprendre le dessus —il y a en quand même une journée de travail qui attend au starting-block— et vous vous débarrassez de l’inconfortable idée grâce à un magnifique coup de zap télévisuel (les enfants réclament toujours leur cartoon du matin avant de partir pour l’école) puis de zip sémiotique, en vous disant que malgré la confiance que vous manifestez envers la science et son indissociable progrès, mon métier a tout d'un effroyable pensum sur lequel il ne vaut même pas le temps de s’attarder à l’approche du départ de votre bus ; ah tiens, comme si, tout à coup, votre travail de rond-de-cuir valait mieux que le mien ! Cela dit, avouons-le, c’est vrai, j’étouffe un peu parfois dans ce laboratoire pimpant neuf aux murs de métal lisse recouverts de boutons rouges et verts, mais n’est-ce pas invariablement le lot de tout travail effectué cinq jours sur sept à raison de quelques dizaines d’années par vie ?

Néanmoins, par un réflexe mental compensatoire, sorte de dérive complexe pour fuir ce train-train écrasant, j’ai parfois l’âme qui divague où je m’imagine seul capitaine à bord, intrépide explorateur ouvrant les vannes et voguant vers mon îlot nucléaire afin de transpercer une fois pour toute de ma dague héroïque cette jarre de Pandore renfermant son merveilleux con tenu (sic) en fusion. Ah, quels accès de fièvres priapiques extraordinaires, quand je songe au pouvoir assassin que quelques drôles d’oiseaux ont mis entre nos mains. Tout de même, qu’est-ce qu’on peut se morfondre de bon matin dans une salle de commande où ces centaines d’interrupteurs, de leviers, d’écrans et de boutons multicolores ne demanderaient pourtant qu’à se faire booster gentiment pour transformer ce lieu aseptisé en piste de danse où se désarticuleraient frénétiquement dans leur plus simple nudité Fergie et Madame Gaga (à l'exception d'une paire de bottes cloutées pour l'une ou d'une ceinture de jouets explosifs pour l'autre) dans les bras du Docteur Folamour, lunettes noires et slip kangourou, jouant entre deux étreintes au SuperSonic dj from hell avec une console numérique reliée au terminal de contrôle sur lequel apparaîtrait en grand maître de cérémonie, Will.i.am invité à mixer à distance de son studio à LA en connexion directe avec les 442 centrales de la planète le méga BOOM BOOM BOOM final....

«Welcome to the end. Do not panic. There is nothing to fear.»

Pour le reste, hormis ces quelques montées d’angoisse et de fantaisie passagères et finalement de peu d’importance en comparaison des services rendus en cette fin d’année aux beaux sapins qui éclairent de mille étoiles de Noël votre jolie ville gagnée par la félicité céleste, dans les activités scientifiques à la petite semaine, j’effectue sereinement mon bout de chemin parmi vous sur cette terre —je suis un ingénieur en sûreté nucléaire.

 

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 23:52

Air conditionné (en souvenir de l’été 2003)

 

 

L’Américain moyen a l’air conditionné

Dans son monde isolé, à vouloir dégainer.

Certains le trouvent cool, d’autres, givré ou froid

Dans sa vision globale, au regard de ses lois.

 

L’Américain moyen nous semble gaspilleur,

Laissant longtemps tourner ses gros climatiseurs.

On le dit égoïste et tout aussi pollueur ;

Oui, on peut le blâmer d’abominer la sueur.

 

Le Français, quant à lui, connaît la liberté :

Prendre l’air, s’évader loin de ses vieux l’été

Sans air conditionné —qui ira pleurnicher

Sur des restes de carne à moitié desséchée ?

 

L’Américain moyen a l’air conditionné

À vouloir conquérir et il te chie au nez :

Son air climatisé, après le Frigidaire,

Viendra un jour sauver nos viandes du précaire.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 23:51

 

Courrier

 

 

Catalogues, journaux, lettres, cartes, j’en passe,

Épisodiquement rangés, triés, jetés ;

Le courrier qui s’oublie, qui s’enlise et s’entasse

Par sédimentation, sujet aux gratuités

 

Des gestes, au hasard des diverses lectures,

Se veut une œuvre d’art aux faibles... ‑ patatras !

En équilibre instable, un énorme fatras

Dégueule sa réclame et ses vieilles factures

 

Sur le sol du bureau submergé, d’où j’envoie

Cet ultime S.O.S. avant que je me noie

Sous le courrier du jour qui a été fatal

Aux faibles fondations de l’ouvrage postal.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 23:44

 

           Coton-tige

 

 

De modeste puissance, deux ouates,

Le coton-tige cure sans peine

Les oreilles de leur cérumen

À la texture pâteuse et moite.

 

Cependant, à l’appel de Greenpeace

Qui lutte contre les immondices,

Je voudrais rappeler aux marins

Combien le coton-tige est malsain :

 

Flottant sur les océans du monde,

Des millions de bâtons en plastique,

Dans leurs tribulations vagabondes,

Polluent notre milieu aquatique.

 

À qui la faute ?

 

J’accuse le Dieu Poséidon

De négliger l’environnement,

D’avoir peu recyclé récemment

Ces fort regrettables abandons.

 

Que faire ?

 

Demandez aux poussives sirènes

De bien vouloir garder nos étrennes,

Jetées avec générosité

Par-dessus bord et en quantité.

 

Responsabilisez-les !

 

Militez pour que les amphibiens,

Les crustacés, les protozoaires,

Les végétaux, poissons, mammifères

Fassent leurs devoirs de citoyens :

 

Qu’ils ramassent, sans rien relâcher,

Les bâtons de coton hydrophile

Avec leurs pinces, leur chlorophylle

Et leurs nageoires, sur les rochers.

 

S’ils s’en moquent, passons à l’attaque :

Largage en mer des hydrocarbures

Et envoi par le fond des ordures

Des nations, armées de leurs cloaques.

 

Vous aussi, partagez vos tactiques

Contre l’invasion des bâtonnets

De plastique en milieu aquatique

Et agissez dès potron-minet !

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 17:27

 

Réfrigérateur

 

 

Le propre d’un réfrigérateur,

C’est d’avoir l’esprit conservateur ;

On le veut, quand bien même gavé,

Impassiblement froid, réservé

À l’usage des consommateurs.

Pour le rendre accessible à toute heure,

On le nourrit d’électricité ;

Moyennant quelques kilowattheures,

Il combattra la toxicité

Des aliments et leur puanteur.

 

Au pôle nord compartimenté,

Sa tête, appelée congélateur,

Possède certaines qualités

Que connaît à coup sûr le lecteur

Mais que nous voudrions rappeler :

Il transforme notre eau en glaçon,

Garde les produits bien congelés,

Tels que sorbets, légumes, poissons,

Ceux qui pourraient nous intoxiquer

S’ils s’avéraient être mal stockés.

Mais retournons à l’architecture

De la pleine et stoïque structure :

L’imposant coffre-fort à victuailles,

D’un aspect extérieur blanc émail,

Aura pour habituels accessoires

Des portes, des bacs et des tiroirs.

Il faut donc tout ouvrir puis fermer

Pour pouvoir accueillir les produits

Ou, au contraire, les consommer,

Gestes à volonté reproduits,

Accomplis avec fluidité

Grâce au réfrigérant : le propane ;

N’importe quand, hiver comme été,

Y soufflera une tramontane.

La principale contrariété

Concernant cette technologie

Reste ses dépenses d’énergie

Et son gros corps à transbahuter.

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  • : Le blog de erts.over-blog.com
  • : His poetic style is a combination of lyrical writing with social, experimental and humorous themes. He believes that poetry has to renew with its popular functions to regain vitality in the world of French literature, as well as he likes committing most of his work to the constraints of certain traditional rules of form (to also have the pleasure of transgressing them).
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