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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 19:48

 

Bateau

 

 

L’ouvrage de navigation,

En de maintes situations,

Aurait tendance à prendre l’O

Moins par la cale qu’en ses mots.

Fut-ce donc par superstition,

Qu’on prit alors la décision

De vêtir cargo, paquebot,

Rafiot et vaisseau du son O

Ou de choisir le mot bateau,

Le voulant parfait sur les flots ?

J’ai cherché là l’explication

De l’originale fusion :

Né de bât en ancien anglais

Qui signifie déjà bateau,

Agrémenté du suffixe –eau,

Le terme est redondant à souhait,

Hormis qu’ainsi sonne français

Un terme emprunté aux Anglais ;

Que voulut-on dire tout haut ?

Que nos bateaux partis en mer

Pourraient contre eux et par ce mot,

Résister deux fois mieux aux guerres ?

L’histoire nous donnera tort

Dans les faits réels ou folklores.

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 19:40

 

 

            L’Allumette (et son frottoir)

 

 

– À quoi bon que l’on souffre, amorça le gratin,

Si tu crains à ce point l’audace ma Suédoise.

Viens te frotter à moi pour chauffer la Gauloise

En me grattant le dos, sur mon phosphore brun.

 

À quoi bon que l’on souffle en attendant ton bois,

Sans ta caresse au corps, il fera toujours froid ;

Mais ta tige prend feu dans la nuit, ma luciole,

Et ce n’est pas sur moi que ta flamme s’affole !

 

Ô ma chaude Suédoise, égérie des catins,

Moi qui me rabattais sur toi, que j’ai eu tort,

Ô nympho pyromane, allumeuse du Nord

Qui s’enflamme la tête auprès d’autres gratins !

 

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 19:43

 Pause-café

 

 

Celui qui fléchit devant toi

Celui qui chez toi ne fleurit

Le schefflera d’Océanie

Que tu effleureras d’un doigt

 

Brassaia actinophylla

T'ombrageant tel un parapluie

Dans ton bureau, coule la vie

Native of Queensland, Australia

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 19:07

 

 

LA FORÊT VIERGE

 

 

Dans la forêt lointaine ornée d’arbres géants,

L’amant croque-mitaine y mange les curieux ;

Loin des chaos urbains, bordée d’un océan,

Sa vierge aux mille hymens se défend de leurs dieux.

 

Un conte la rassure, ainsi s’envole au vent

Une horrible légende envoyée aux vivants,

L’histoire d’une bête assoiffée de leurs sangs

Qui vit dans les marais de crimes indécents.

 

Respecte la nature et tremble mon enfant !

Souviens-toi de la fable, écris-la si tu veux ;

Laisse-moi t’adresser enfin ce dernier vœu :

Que la peur se transmette à tous tes descendants.

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:52

TILT

 

 

Année après année

On se bloque, on se bloque

Année après année

On finit par tilter

On débloque

 

Plein de rêves de conquêtes nous appellent

Lorsqu’en âge de vaincre

Bravant mille périls et cent guerres puériles

Le monde nous appartient pensent les jeunes imbéciles

Un jour, on se retourne, il n’y a plus personne derrière

Alors on capitule

Rentrant souvent chez soi

Fondant une famille ou restant seul parfois

Puis, c’est la lente agonie, les jours qui se ressemblent

On finit par mimer son propre personnage

Les silences remplacent les rires et les paroles futiles

On a ce beau rictus d’hypocrite ou une gueule d’alcoolique

Refuge dans l’artifice, on s’invente des principes

Il faut tenir jusqu’à demain comme s’il y avait des comptes à rendre

À son père, à sa mère partis l'été dernier dans l’autre monde

 

Année après année

On se bloque, on se bloque

Année après année

On finit par tilter

On débloque

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:41

JE RÊVE AU DOUX NECTAR[1]

 

 

Penché sur la tour Est

Ma cotte d’armes est lourde

Mes yeux sombrent

Et se ferment

Je rêve, ô doux nectar, du crime passionnel

M’abandonner à ces nuits sans entrave et sans fil

Et mon cœur tremble

Mon cerveau de verre

Ce monde à moi n’est peut-être qu’un faisceau

Un labyrinthe

Sourire hertzien



[1] Écrit en collaboration avec Christian Lagrange et Gaël Loison dans le Finistère (été 1997). Quelques modifications y ont été apportées ultérieurement.

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:39

 

 

 

BLOC URBAIN

 

 

Bloc d’ennui aux allées de plastique goudronné

Acier trempé dans la misère du calcaire

Au fond d’un bus ma tête molle

Comme une éponge imbibée de rhum

S’étire péniblement jusqu’aux entrailles

De la femme otage

Sexe exposé dans la gueule du loup

Aux crocs affutés du creux des lames

Chair et métal se confondent bêtement

Face à la réalité indigeste des cartons mouillés

Exécution des derniers artifices du bonheur digéré

Pour finir par tout laisser choir dans l’infinie tristesse

Des cataclysmes ratés

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:31

 

 

 

                    BUG VERITAS

 

 

Quand la mort nous prendra dans son grand manteau noir

Qu’elle refermera sous ses blanches phalanges

Nos corps disparaîtront dans un vaste entonnoir

D’où coulera un philtre offert aux mauvais anges

 

 

Quand le dieu du troupeau viendra nous égorger

Le joug se brisera pour un dernier hommage

Sous les coups protecteurs du bâton de berger

Au monstre qui a fait la bête à son image

 

 

Quand dans un jour prochain nous aurons tous perdu

Après l’avoir défié au jeu des devinettes

Quand le sphinx affamé viendra prendre son dû

Nous aurons le devoir de lui tendre nos têtes

 

 

Condamnées à flotter dans les couloirs déserts

Nos âmes pourriront comme des feuilles mortes.

Au royaume d’Hadès, automnes et hivers,

Perséphone en silence aura bloqué les portes

 

 

Qu’il faille au fils de Dieu périr comme un martyr

Donne aux êtres de chair une valeur physique

Car ce fut par un corps qu’on le fit tant souffrir

La mort du divin Christ semble un revers mythique

 

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:30

PYORRHÉE PLANÉTAIRE

 

Présence de poison dans les veines du monde

Aux démons putrescents sur sa peau moribonde

 

Odeur abjecte issue d’excrémentielles bouches

Un suc visqueux jaillit de suppurantes mouches

Bourdonnant, tournoyant en des volées d’ivresse

Au rythme des saisons dépourvues d’allégresse

 

Pour finir par s’échouer sur les vitres du ciel

Les pattes s’y engluent, enfer pestilentiel

Où survit l’asticot en germe exponentiel

Dans la chair asphyxiée d’un amas mercuriel

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:25

 

Fouillis urbains

 

 

 

 

On se retrouvera dans ces fouillis urbains

 

Entre les no man’s lands de l’espérance citadine

 

Et les lieux impudiques aux friches poussiéreuses

 

Plantées dans les déserts cultuels.

 

 

 

Les vibreurs sonores d’une fin de journée

 

Viendront nous réveiller des longues torpeurs

 

Chargées de l’indifférence de nos radiateurs tièdes.

 

Nous nous disputerons alors les points névralgiques

 

De nos troubles résiduels.

 

 

 

Les marinas nous attendront au pied des plages

 

Pour laisser enfin les voiliers de plaisance

 

Nous guider vers leurs univers

 

De brise, d’algues et de sel :

 

Cap sur les archipels inconnus des hydres assassines.

 

 

 

Presque sans surprise, les balles souples des corsaires

 

Viendront ricocher sur nos abdomens,

 

Moins réceptifs à la douleur inutile

 

Qu’à l’inoubliable frénésie des jours perdus en mer.

 

 

 

Nous viendrons nous échouer

 

Contre des pipelines immergés au bord

 

Des côtes de roches karstiques,

 

Aussi sensuelles que des shrapnels

 

Avant d’être happés par des points

 

D’embarquement tentaculaires.

 

 

 

Sur le compteur de vitesse de l’ouvrage de navigation,

 

Le zéro absolu se montrera fort utile à notre compréhension

 

Du monde vidé de ses contours.

 

 

 

Aussi, le transbordement entre trois cargos mixtes

 

S’avérera autant délicat qu’illusoire,

 

Puisqu’à part quelques rêves passagers à bord,

 

Aucun fret d’idéaux ne sera déplaçable.

 

 

 

Cependant, les semblants de manœuvres

 

Auront beau jeu de lutter avec, dans l’écume des tempêtes,

 

Le charivari et la beauté du tangage que les regards curieux

 

Sauront transformer en de fantastiques histoires de naufrages.

 

 

 

Tôt ou tard, il nous faudra abdiquer face

 

A la puissance des écrans acoustiques

 

Décryptant le mutisme sauvage

 

Et la mutinerie des passants.

 

 

 

Dans les profondeurs des eaux troublées,

 

Nos capteurs ultrasoniques nous permettront

 

De recontacter nos proches faits de corps et d’esprit.

 

Les échos fantômes sembleront perturber les signaux

 

Reçus de l’extérieur mais c’est avec détermination

 

Que nous saurons nous extraire

 

De leurs tourments magnétiques.

 

 

 

Des joies venues du plus lointain de notre monde endogène

 

Viendront nous soulager de nos trop-pleins d’angoisse fréquentielle

 

Et c’est avec délice que les aéronefs

 

Ravitaillés à l’arrière des frégates stoïques

 

S’armeront de leurs jets d’ambroisies

 

Pour nous tirer d’un mauvais pas marin.

 

 

 

On se retrouvera un jour dans ces fouillis urbains, je te le jure,

 

Et nous aurons tous fui nos corps décomposés par la guerre et l’usure,

 

Qui passent impassiblement

 

Par des chemins sinueux aux limbes fulgurants.

 

 

 

Pour ces chairs entassées, purulentes de désir et d’effroi,

 

Laissées à la solde de l’ignorance matérielle carnassière,

 

Il y aura, je m’en souviens, toujours écrit quelque part

 

Dans ces yeux grand ouverts à jamais,

 

Le silence originel de la liberté 

 

Que l’on aime à retrouver parfois égarée en mer.

 

 

 

 

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  • : Le blog de erts.over-blog.com
  • : His poetic style is a combination of lyrical writing with social, experimental and humorous themes. He believes that poetry has to renew with its popular functions to regain vitality in the world of French literature, as well as he likes committing most of his work to the constraints of certain traditional rules of form (to also have the pleasure of transgressing them).
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