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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 22:51

 

 

MEMPHIS (mars 2002)

 

 

Parfois on ne respire plus

Les freaks sont partout dans la rue

Ton sang s’écoule lentement

Du sablier de verre blanc

 

Veiller à ne pas le casser

— Mais qui n’en a pas plus qu’assez

Du plein de ces mortes années

Qu’il nous faudrait abandonner !

 

Corps qui meurt, cerveau hébété

Face à l’horreur, l’éternité

Parfois on ne respire plus

Les flics sont partout dans la rue

 

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 22:48

 

HOW MANY MILES

 

 

Free-jazz pour sextette en pleine fusion

Envoûte les corps, ô douce effusion,

D’un solo velours en son stéréo

De longs trémolos couleur piano

Des croches d’or pour l’oreille écorchée

Décrochons la lune

Pour un sax détraqué

Un coup de trompette

Sur un air déphasé

 

Show us the light

In the opening night

How many miles

From you, Miles?

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 22:32

                                                 

HANNAH F.

 

Sourire opaque de l’autiste

Derviche tourneur nihiliste

Esprit construit en trompe-l’œil

Génie sans tête, arbre sans feuilles

 

Parties du programme effacées

Sans lien auquel se raccrocher

Chercher toujours de nuit la clé

Derrière un miroir déformé

 

Qui est caché dans ce regard ?

Puissance d’une tour d’ivoire

Forteresse vide, air hagard

Comment parler pour t’émouvoir

 

Créer des lois pour entendre ta voix perdue dans un dédale

D’équivoques symboles sur les murs glacés de ta mémoire ?

Parfois, un hiéroglyphe sur l’un d’eux a pu me faire croire

Que la clé peut-être se cachait au fond d’une vieille malle

 

Qu’un ange pressé aurait laissé tomber sur un quai, un soir,

Avant de s’embarquer à bord d’un train pour la planète Espoir.

 

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 22:15
REPAS DE FAMILLE (Pennsylvanie)

 

 

Les hommes sont maladivement alourdis

D’un poids qu’est leur vie je crois

L’ennui, la paresse, le sport à la télé qui étourdit,

L’alibi des matches de football pour ne pas lever le petit doigt

L’un fume trop, l'autre ne bronche pas,

Vautrés sur les sofas comme des rois

Dans la cuisine, les femmes s’occupent à préparer puis nettoyer les plats

C’est le premier janvier 2003

Je m’épuise à palper les contours lisses de cette journée

Qui n’en finit pas de supplier de vouloir crever

Les enfants s’ennuient aussi parfois entre deux sodas

On évoquera les soldes, le courage des soldats

Dehors, la neige est sale et les néons brillent d’espoir

C’est la fin des repas gras et sucrés, on se dit tous bonsoir

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 22:13

            Wolf River 

 

 

Le vide du grand fleuve aspira Jeff Buckley

De la vase à la mort, sans trace des remords,

Scande son nom toujours, tant qu’il raisonne fort

Il y a des secrets qui vivraient loin des quais

Mais le Mississippi recracha Jeff Buckley

 

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 21:14

      Wilmington, NC, septembre 2003 

 

 

Debout, réveillons-nous la nation s’impatiente

Aventurons nos chars dans le pétrolifère

Gloire aux sourires faux qui nous prient de la faire

C’est une boucherie qu’on annonce plaisante !

 

Dans les salles de gym, le supplice du riche

Cherche l’alter ego en affirmant ton « ich »

Les ego des sportifs qui poussent fort l’haltère

Ressemblent aux abdos, gonflés et terre-à-terre

 

Hors du trop plein de bière, après le basket-ball

Sur les écrans géants des bars aseptisés

L’épisodique éclat des joueurs de football

Ne peut tuer l’ennui des clients dégrisés

 

On fera des achats, aux armes citoyens

Face à l’économie qui ne veut que vos biens

Une loi mécanique, en payant à crédit

On renonce toujours aux douceurs d’Arcadie

 

Le reste est si poli, dehors les policiers

Dedans un beau gangster rêve aux barreaux sciés

Libertin compromis, call-girl sans stérilet

Liberté à demi, cow-boy sans barillet

 

Le dernier barbecue s’est éteint sur l’automne

Le drapeau étoilé couché jusqu’au matin

Le soleil qui s’endort moins pressé que demain

S’éclipse dans la nuit, les questions m’abandonnent

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 05:03

 

 

 

Sauvés

 

Ce dont je me souviens le plus

lorsqu’enfant je traversais le Sud

avec mon père, c’était

la difficulté que j’avais à dormir dans ces hôtels minables

durant ces insupportables nuits d’été.

 

Les climatiseurs ne marchaient jamais,

ne laissant couler que de longues gouttes,

comme une plaie de métal mal soignée à la fenêtre,

et faisaient comme un ronflement de chiens de garde assoupis.

 

Je m’étendais là au-dessus du drap

le couvre-lit poussé au sol d’un coup de pied,

essayant de tuer l’unique moustique

qui se cachait toujours jusqu’à ce que les lumières s’éteignent.

 

Dehors

je pouvais entendre les adultes éméchés

qui essayaient de faire marcher la machine à glaçons

et qui s’engueulaient.

Quelquefois, je descendais du lit et

les espionnais de derrière la fenêtre.

J’attendais qu’il n’y ait plus personne aux alentours

et que mon père commence à ronfler,

puis je sortais à pas de souris et je prenais un gobelet plein de glaçons

pour les sucer ensuite les uns après les autres jusqu’à ce que je m’endorme.

 

Durant la journée Papa ne s’arrêtait que très rarement.

Il se prenait pour un roi de la CB

avait de petites conversations avec les routiers et d’autres fans de CB.

Nous suivions des matches de baseball à la radio,

et nous écoutions surtout du gospel sur un lecteur de cassettes

Interrompu par un peu de bluegrass.

 

Quand mon père venait en ville

les gens venaient de tout le pays pour l’entendre prêcher.

Ils s’entassaient dans ces petites églises de campagne

s’asseyant à même le sol

se tenant debout au fond

à l’extérieur, il y avait un tel agrégat de bagnoles

que seuls des clébards jaunes égarés et galeux pouvaient se frayer

un chemin dans le parking.

 

Les nuits étaient chaudes et humides

et à l’intérieur de ces murs faits de blocs de maçonnerie

la foule s’asseyait tranquillement et cuisait lentement.

 

Quand il avait fini, l’église chantait l’hymne d’invitation

Quand ils chantaient

d’un air grave et tendre Jésus t’appelle

je sentais ces gens trembler

 

Quand ils chantaient

toi qui es épuisé, reviens

je sentais venir les premières larmes

 

Quand ils chantaient

il t’appelle, pauvre pécheur, reviens

je sentais cette foule qui cédait comme une digue du Mississippi.

 

J’ai demandé à mon père pourquoi tant de gens venaient

et il m’a dit que beaucoup de gens avaient besoin d’être sauvés.

 

Mais ils venaient le voir

pour la même raison qu’ils allaient voir les putes à Memphis

et les strip-teaseuses à la Nouvelle-Orléans et

aussi qu’ils faisaient 200 kilomètres en Chevrolet Camaros par des chemins de terre

et se piquaient à l’héroïne à Dallas et fumaient du crack à Little Rock

et jouaient aux dés à Biloxi et achetaient des conneries à la télé :

 

parce qu’ils voulaient être sauvés,

et qu’ils ne savaient pas où était le salut,

et qu’ils essayaient de le trouver là où ils pouvaient.

ce n’était pas tant le salut qu’ils voulaient vraiment

c’était toujours quelque chose d’autre que jamais ils ne pouvaient avoir

 

La femme dont le mari a renversé leur môme en faisant marche arrière :

elle veut qu’il arrête de boire pour tordre le cou à cette culpabilité

 

L’homme dont le frère a été encorné par un taureau :

il veut être capable de payer à l’hôpital la facture d’un quart de million de dollars

 

Le vétéran du Vietnam :

il veut juste que quelqu’un embrasse

la blessure inguérissable qui lui sert de faciès.

 

J’ai vu des enfants victimes de la thalidomide,

des bébés déformés par l’agent orange,

et des fermiers mutilés par leur propre équipement

Estropiés mais luttant pour arriver au premier rang

pour avoir une petite goutte de sueur de la grâce de dieu,

pour qu’une petite miette de son infinie miséricorde tombe de sa table,

pour être portés en un tour de main à la poitrine d’abraham,

pour la rédemption promise aux lépreux, aux prostitués et aux mendiants dans les paraboles du christ

 

et pourtant je n’ai jamais vu l’un d’entre eux qui fut sauvé.

 

Alors que nous sortions du parking,

le gravier pleuvait sous les ailes des pneus

 

Ils saluaient, affublés de sourires incertains ;

 

de la fenêtre arrière, tandis qu’ils devenaient minuscules,

ils donnaient l’impression d’être sur une île, oubliés de Dieu.

 

Plus tard dans la nuit,

ils ne se sentiraient plus tellement sauvés,

et une fois encore, ils essayeraient n’importe quoi

ils boiraient du whiskey dans des bocaux

Donneraient de l’argent à des inconnus de la télé

Ou un coup dans une vitre

ils se pendraient dans leurs granges

Mais rien n’a jamais marché

 

Alors que mon père et moi continuions à rouler jusqu’à la ville suivante

Que le poste de CB crachotait les espoirs et les rêves des routiers

les insectes jouaient les kamikazes contre les vitres

mes jambes collaient aux sièges en vinyle

et les nuits d’aujourd’hui

ne sont plus aussi suffocantes

qu’elles l’étaient alors

 

traduction Erts de « Saved » (Bucky Sinister)

 

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 22:17

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