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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 22:29

                                               


Comme moi, le disque-volant, dit frisbee ou discoplane


Est conçu pour planer en tournant sur lui-même


S’accommodant bien de la plage, du soleil


Et d’une légère brise dans le ciel d'azur


Frôlant les abysses de l’ennui lorsque privé de mouvement


Il ne saurait apprécier davantage qu’on le laisse tomber


Même par accident.


Aussi aime-t-il les trajectoires rectilignes ou circulaires


Bien que les aléas des éléments et de la maladresse humaine


Le fassent parfois vriller pour rebondir de façon indélicate


Quoique plutôt comique


Contre la moustache ensablée du voisin de plage


Ou les fesses huilées de sa concubine.


Je précise plutôt comique


Car un heureux dénouement requiert


Pour ne pas finir confisqué


Ou jeté à la baille


Que le voisin en question


Ait la moustache de bon poil.


En comparaison,


Le popotin de Madame


N’émettra généralement


Qu’un léger râle d’agacement


Par l’entremise d’un orifice à dents


Placé sous de grosses lunettes brunes.


Ces faits cités là en exemples


Marquent d’ailleurs la notable différence


Qui existe entre ma personnalité


Somme toute assez rigide


Et celle plus imprévisible et triviale


Du frisbee en plastique souple.


 
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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 12:31

Calumet

 

Si tu veux ravir le feu

Au ciel, souffle encore un peu

Mais sans te brûler la tête

Pour quelques jeux d’allumettes

 

Dans les volcans je me mets

A prier mon calumet

Qu’il m’élève vers les cieux

Et leurs anges facétieux

 

Pars en paix, pars en fumée

Comme une onde parfumée

En faisant fi des agents

Aux pouvoirs ignifugeants.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 23:52

Air conditionné (en souvenir de l’été 2003)

 

 

L’Américain moyen a l’air conditionné

Dans son monde isolé, à vouloir dégainer.

Certains le trouvent cool, d’autres, givré ou froid

Dans sa vision globale, au regard de ses lois.

 

L’Américain moyen nous semble gaspilleur,

Laissant longtemps tourner ses gros climatiseurs.

On le dit égoïste et tout aussi pollueur ;

Oui, on peut le blâmer d’abominer la sueur.

 

Le Français, quant à lui, connaît la liberté :

Prendre l’air, s’évader loin de ses vieux l’été

Sans air conditionné —qui ira pleurnicher

Sur des restes de carne à moitié desséchée ?

 

L’Américain moyen a l’air conditionné

À vouloir conquérir et il te chie au nez :

Son air climatisé, après le Frigidaire,

Viendra un jour sauver nos viandes du précaire.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 23:51

 

Courrier

 

 

Catalogues, journaux, lettres, cartes, j’en passe,

Épisodiquement rangés, triés, jetés ;

Le courrier qui s’oublie, qui s’enlise et s’entasse

Par sédimentation, sujet aux gratuités

 

Des gestes, au hasard des diverses lectures,

Se veut une œuvre d’art aux faibles... ‑ patatras !

En équilibre instable, un énorme fatras

Dégueule sa réclame et ses vieilles factures

 

Sur le sol du bureau submergé, d’où j’envoie

Cet ultime S.O.S. avant que je me noie

Sous le courrier du jour qui a été fatal

Aux faibles fondations de l’ouvrage postal.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 23:44

 

           Coton-tige

 

 

De modeste puissance, deux ouates,

Le coton-tige cure sans peine

Les oreilles de leur cérumen

À la texture pâteuse et moite.

 

Cependant, à l’appel de Greenpeace

Qui lutte contre les immondices,

Je voudrais rappeler aux marins

Combien le coton-tige est malsain :

 

Flottant sur les océans du monde,

Des millions de bâtons en plastique,

Dans leurs tribulations vagabondes,

Polluent notre milieu aquatique.

 

À qui la faute ?

 

J’accuse le Dieu Poséidon

De négliger l’environnement,

D’avoir peu recyclé récemment

Ces fort regrettables abandons.

 

Que faire ?

 

Demandez aux poussives sirènes

De bien vouloir garder nos étrennes,

Jetées avec générosité

Par-dessus bord et en quantité.

 

Responsabilisez-les !

 

Militez pour que les amphibiens,

Les crustacés, les protozoaires,

Les végétaux, poissons, mammifères

Fassent leurs devoirs de citoyens :

 

Qu’ils ramassent, sans rien relâcher,

Les bâtons de coton hydrophile

Avec leurs pinces, leur chlorophylle

Et leurs nageoires, sur les rochers.

 

S’ils s’en moquent, passons à l’attaque :

Largage en mer des hydrocarbures

Et envoi par le fond des ordures

Des nations, armées de leurs cloaques.

 

Vous aussi, partagez vos tactiques

Contre l’invasion des bâtonnets

De plastique en milieu aquatique

Et agissez dès potron-minet !

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 17:27

 

Réfrigérateur

 

 

Le propre d’un réfrigérateur,

C’est d’avoir l’esprit conservateur ;

On le veut, quand bien même gavé,

Impassiblement froid, réservé

À l’usage des consommateurs.

Pour le rendre accessible à toute heure,

On le nourrit d’électricité ;

Moyennant quelques kilowattheures,

Il combattra la toxicité

Des aliments et leur puanteur.

 

Au pôle nord compartimenté,

Sa tête, appelée congélateur,

Possède certaines qualités

Que connaît à coup sûr le lecteur

Mais que nous voudrions rappeler :

Il transforme notre eau en glaçon,

Garde les produits bien congelés,

Tels que sorbets, légumes, poissons,

Ceux qui pourraient nous intoxiquer

S’ils s’avéraient être mal stockés.

Mais retournons à l’architecture

De la pleine et stoïque structure :

L’imposant coffre-fort à victuailles,

D’un aspect extérieur blanc émail,

Aura pour habituels accessoires

Des portes, des bacs et des tiroirs.

Il faut donc tout ouvrir puis fermer

Pour pouvoir accueillir les produits

Ou, au contraire, les consommer,

Gestes à volonté reproduits,

Accomplis avec fluidité

Grâce au réfrigérant : le propane ;

N’importe quand, hiver comme été,

Y soufflera une tramontane.

La principale contrariété

Concernant cette technologie

Reste ses dépenses d’énergie

Et son gros corps à transbahuter.

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 17:18

 

 

                Compas

 

 

L’intelligent compas sans compassion

Pique la feuille blanche, pas les doigts ;

L’instrument droit garant des proportions

Trace sec avec sa prothèse en bois.

 

Sous les ordres précis du géomètre,

Ses jambes raides se plient au diamètre.

Malgré les règles, son cercle tolère

Qu’il fasse plus d’écarts que les équerres.

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 17:07

 

 

 

Chewing-gum

 

 

En bon anglais, le chewing-gum,

En français, la gomme à mâcher,

Au goût de menthe, au goût de pomme,

Au citron, j’aime à te cracher.

Passant de la bulle au mastique,

Allongé en fil élastique,

Tu as le chic pour te coller

Sous la table de l’écolier.

Trituré par les enragés

Dévorant un paquet entier,

L’on t’interdit aux gens âgés :

Tu terrorises les dentiers.

Mâché avec l’aluminium

Sur le plomb des dents excitées,

Le chewing-gum, tel l’uranium,

Produit de l’électricité !

Que pourrais-je ajouter en somme :

Chewing-gum, ta gomme dégomme !

 

 

 

 

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 17:00

 

Casque

 

 

Mais dis-moi, qu’est-ce donc cette épaisse coiffure

Que tu exhibes telle une encombrante armure,

N’en as-tu pas assez de jouer les justiciers

En manque d’aventure et d’amour, cuirassier ?

 

Est-ce pour résister aux assauts des sauvages ?

Avec leur scramasaxe, ils feraient des dommages

Irréversibles sur ton crâne mal poli,

Le fer le traversant leur semblerait joli.

 

Les sabreurs trancheraient d’un coup ta carotide

Et te feraient bouffer tes deux paragnathides.

Les frondeurs, d’une pierre, iraient crever tes yeux

Car tu n’as pas, je crois, de visière au visage.

Pourrais-tu résister à une armée de gueux

Emportés par l’envie, inexplicable rage,

 

De te briser l’armet, leurs doigts sanguinolents

Cherchant à t’embrocher ‑ je l’admets, c’est violent ‑

Avec la pertuisane, avec la baïonnette,

D’un franc lancer d’épieu, d’un tir à l’arbalète ?

Avec chevalerie, ces fiers coupe-jarrets,

La hallebarde au vent, ils te déplumeraient !

 

Mais qu’as-tu à vouloir me brandir cette chaîne,

Veux-tu m’assassiner ? L’erreur est bien humaine :

Comment pouvais-je voir, souffrant de cécité,

Que ce casque était pour faire du V.T.T. ?

 

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 18:25

 

 

Bricol-âge

 

 

J’ai réparé la tête avec des sparadraps

Recollé une oreille et ressoudé un bras

J’ai colmaté la brèche entre la cuisse et l’aine

Comme on tricote un pull ou fixe un bas de laine

 

En deux, trois mouvements, quatre abracadabras

J’ai serré deux boulons qui ne boulonnaient pas

Pour le milieu du corps, avec beaucoup de peine

J’ai inspiré très fort pour cacher ma bedaine.

 

C’est ainsi, comme ça qu’on cache l’estomac

Dans les talons parfois, pas le cheval, Thomas,

Mais jusqu’au bout des doigts de mes grands pieds trop froids

Qui dépassent des draps quand je m’étends tout droit

 

J’ai tiré quelques poils blancs, aïe, que ça fait mal

Redressé le bassin qui paraissait bancal

J’ai maquillé la peau avec de la peinture

Congelé mon cerveau pour arrêter l’usure

 

En un bon coup de hache, offert à mon étal

J’ai grignoté un bout de mon beau nez mental

(Pas besoin d’en faire tout un fromage)

Celui qui a du flaire et une boursouflure

Que j’ai voulu trancher pour plaire à ma figure.

 

C’est ainsi, comme ça qu’on se défait du gras

Ce morceau de barbaque est piégé comme un rat

Il ne mord plus mon âme, et je me fous du roi

Comme des araignées coincées dans mon beffroi.

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  • : Le blog de erts.over-blog.com
  • : His poetic style is a combination of lyrical writing with social, experimental and humorous themes. He believes that poetry has to renew with its popular functions to regain vitality in the world of French literature, as well as he likes committing most of his work to the constraints of certain traditional rules of form (to also have the pleasure of transgressing them).
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