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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 18:21

 

 Bistro

 

 

« Dans ce troquet, mon gars, j’ai des rêves en stock,

Des ambiances feutrées, de la chair dépravée »,

S’étourdit le barman qui picole son bock,

Une heure du matin, la noirceur aggravée.

 

« Il faut aller dormir », nous vomit un vieux schnock

Sur le pavé ancien de la place enclavée,

« On rencontre à cette heure une hydre que l’estoc

Ne pourrait pas percer, mais je l’ai abreuvée ! »

 

« Bourgeois, ta ville pue la morue et la mort ! »,

S’exprime un imbécile à raison ou à tort ;

Sur le trottoir glissant, un crachin noie l’urine.

 

En fin de matinée, je viendrai te chercher,

Nous irons dessoûler du côté du marché,

Promis, on n’y boira qu’une p’tite chopine.

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 18:18

 

 

 

Bikini

 

 

Te souviens-tu du bikini

Lancé par la maison Réard,

Ce deux-pièces d’artillerie

Qui électrise le pétard ?

 

Te rappelles-tu, mon chéri,

Hiroshima, Nagasaki

Et Bikini, la bombe au centre

Pour leur chauffer le bas du ventre*

 

J’entrevois les charmes des ruts

Dans le coton et le spandex

Tandis que je m’expose aux chutes

Des projectiles du beau sexe

 

‑ Bombshell, canon, bombe sexuelle ‑

Le tissu du string menaçant ;

À trop tirer sur la ficelle,

Ça rend le désir oppressant.

 

*Variante :  Entre les seins et le bas-ventre ?

 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 19:54

 

 

 

Bijoux

 

 

Depuis peut-être le Néolithique,

Des créatures humaines s’appliquent

À collectionner des bijoux mastoc,

Faisant le bonheur des marchands de toc.

Maints combats auraient pu être évités

Entre les mâles, sans leur vanité

À vouloir combler les ardents désirs

De l’égérie les couvrant de plaisirs ;

A moins que ce ne fût qu’une promesse

Que leur donnèrent leurs belles maîtresses...

Quoiqu’il en soit, certains partent en guerre

Pour des histoires d’amour et de pierres,

Ramenant des trésors de parvenus

Pris aux peuples de pays inconnus.

Alors, le collier d’or autour du cou,

La femelle se soumet aux grimaces,

Ce processus ayant joué pour beaucoup

Dans la pérennité de notre race.

 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 19:50

 

 

 

Béton armé

 

 

Ô mon béton armé sous mon toit bien-aimé

Aux tiges de ferraille élevant la muraille,

Plus fort que le mortier ou la pierre de taille,

Que coule ta puissance aux pieds du mal famé.

 

Gloire à la casemate et vive le fortin !

Que ta belle industrie fasse crever la dalle

À tous ces affamés à la cagna tribale ;

Sous les bombardements, nous leur crierons : « Tintin ! »

 

Je rêve d’un building mais sans aucun jardin,

Sans pelouse où y germe un parfum citadin :*

Que l’étron et son chien migrent à la campagne !

Aide-moi à bâtir mon pays de cocagne.

 

Ô mon béton armé, hardiment façonné,

Aux tiges de ferraille exhibant ta droiture,

Dans un ultime plan contre Dame Nature,

Que coule le ciment sur le trèfle fané !

 

 

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 19:48

 

Bateau

 

 

L’ouvrage de navigation,

En de maintes situations,

Aurait tendance à prendre l’O

Moins par la cale qu’en ses mots.

Fut-ce donc par superstition,

Qu’on prit alors la décision

De vêtir cargo, paquebot,

Rafiot et vaisseau du son O

Ou de choisir le mot bateau,

Le voulant parfait sur les flots ?

J’ai cherché là l’explication

De l’originale fusion :

Né de bât en ancien anglais

Qui signifie déjà bateau,

Agrémenté du suffixe –eau,

Le terme est redondant à souhait,

Hormis qu’ainsi sonne français

Un terme emprunté aux Anglais ;

Que voulut-on dire tout haut ?

Que nos bateaux partis en mer

Pourraient contre eux et par ce mot,

Résister deux fois mieux aux guerres ?

L’histoire nous donnera tort

Dans les faits réels ou folklores.

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 19:40

 

 

            L’Allumette (et son frottoir)

 

 

– À quoi bon que l’on souffre, amorça le gratin,

Si tu crains à ce point l’audace ma Suédoise.

Viens te frotter à moi pour chauffer la Gauloise

En me grattant le dos, sur mon phosphore brun.

 

À quoi bon que l’on souffle en attendant ton bois,

Sans ta caresse au corps, il fera toujours froid ;

Mais ta tige prend feu dans la nuit, ma luciole,

Et ce n’est pas sur moi que ta flamme s’affole !

 

Ô ma chaude Suédoise, égérie des catins,

Moi qui me rabattais sur toi, que j’ai eu tort,

Ô nympho pyromane, allumeuse du Nord

Qui s’enflamme la tête auprès d’autres gratins !

 

 

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 04:42

 

Miroir

 

 

Miroir, maudit miroir, cruauté sans mémoire,

Pourquoi réfléchis-tu ce réel illusoire ?

Objectif rejetant nos lumières complexes,

Brise-cœur de malheur, image qui nous vexe.

 

Hier, belles en toi, décrépites ce soir,

Comme passées soudain dans un grand laminoir ;

Ta façade polie insulte nos visages,

Par trop indifférente aux charmes de notre âge.

 

Es-tu l’illustration de nos réalités,

Surface déformée, trop convexe ou concave ?

Est-ce donc ta couleur légèrement teintée

Qui tache notre peau d’un rouge betterave ?*

 

Mais qu’as-tu fait de nous, d’odieuses créatures,

Reliques condamnées au deuil de nos beautés ?

Fripées, aux cheveux blancs, tristes caricatures,

Adieu, maudit miroir, tu nous as tout ôté.

 

 

*Variante :

Qui crache sur nos peaux un rouge betterave ?

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 18:45

 

Baignoire

 

Ma baignoire toute blanche, et je ne sais pourquoi

A l’acier inoxydable, hélas sans petits pois

Ma baignoire trop glissante à l’étrange encaustique

Sur sa surface en pente à l’étonnante acoustique

 

Bancale autant qu’atonale, au rythme de mon poids

En recherche d’une danse orchestrée par les doigts

Au tempo synchronisable avec des pieds métriques

Binaires ou ternaires, qu’importent leurs musiques

 

D’un jeu de jambes désarticulées aux abois

Au pommeau réverbérant les glouglous de ma voix

Entends-tu ce malstrom de borborygme aquatique

Délivrer sa puissance en trois pas de gymnastique ?

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 18:39

Biofuel

 

Hé, mon ami, t’as du fuel

Pour ma caisse et ses essieux ?

Tant que ça fume et qu’ça roule,

Que ça chauffe pour les pneus !

 

Mon SUV est si cool

Une Rover ‘coupé’ bleue

Allez, direction Kaboul

Sur les chemins gadoueux !

 

Ton beau bolide déboule

En crachant du feu de dieu

Par la grâce du biofuel

À la bouse, mes aïeux !

 

Ça dégouline et ça coule

Mais ça pollue moins les cieux.

Allez, Raoul, y a pas foule,

Fais-moi tourner ces essieux !

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  • : Le blog de erts.over-blog.com
  • : His poetic style is a combination of lyrical writing with social, experimental and humorous themes. He believes that poetry has to renew with its popular functions to regain vitality in the world of French literature, as well as he likes committing most of his work to the constraints of certain traditional rules of form (to also have the pleasure of transgressing them).
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