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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 23:23

L’espace est un vide hors duquel se meuvent des corps chauds ou froids

S’attirant ou se repoussant selon les forces qui les habitent.

Nul objet ne peut aisément se soustraire à ces deux états.

Les jeux de l’esprit cependant y parviennent mystérieusement.

                                                                         Pensée anonyme

 

Même s’il importe peu que celles et ceux en possession

de cet « objet non identifié » aient remarqué ou non

au premier coup d’œil ou lors des précédentes écoutes

une ambivalence et des ambiances

non-euclidiennes dans les formats de lecture,

 

il convient plutôt de pressentir,

au détour de courbes d’espace-temps combinées

à des mouvements géotropiques circulaires,

si une synesthésie toucher-vue-odorat magnifie

les ondes elliptiques de portée variable

ou au contraire, les rendrait caduques.

 

D’un lointain grand cadre

qui se retrouverait enjolivé un tant soit peu dans

les cercles de l’imagination se prévalant

d’effets de torsion somatique,

 

il paraît opportun de se demander

s’il ne resterait pas hors

des trous noirs de solitude

offerte au troupeau du zodiaque

divisé en espèces cornues ou à encorner

quelques instants irrévérencieux

que l’artiste saurait encore nourrir

d’espaces oniriques exaltants.

 

Las de vous, laborieux géomètres,

condamnés aux espaces clos

des ruminants et âmes bêlantes.

Certes, l’indice insurrectionnel du génie épisodique

ne fait qu’avancer d’un pas assez mal assuré

sans manquer de se diluer en

des arabesques funambulesques

semblables aux accouplements complexes

de la baudroie des abysses

par trois mille mètres de fond

dans une obscurité totale ;

 

pourtant, en des lieux fortement réactifs s’opère

le désarrimage réussi d’artifices industriels

commandés par une infrastructure stellaire

d’avoirs spirituels tels que ceux regroupés aux bords saillants

de la face ocre bleu clair de Jupiter,

confirmant qu’en ce jour et sous cette nébuleuse ‑ Eurêka ! ‑

des envolées sismiques réveillées

par la courbe illustrée d’un chenal géologique expiratoire

ont fini par pouvoir s’engouffrer dans nos puits de mémoire,

sources ascensionnelles aux désirs toujours renouvelés.

 

Dans un autre état de pensée

imperméable aux courants d’air et poussières d’âme,

on s’interrogera sur la validité, clarté, concision

de ce texte posé sur une surface plane faussement tangible.

 « L’espace est un vide hors duquel se meuvent des corps chauds ou froids

S’attirant ou se repoussant selon les forces qui les habitent. »

Ne jamais manquer de le redécouvrir toutefois.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 18:45

 

Il faudrait encore un peu de rêve

Une expression barbare et fraîche du présent

Des recherches déconstruites

Un tant soit peu cosmiques

Ouvertes à n’importe quels vents

D’où nous pourrions maudire

Et laisser fleurir nos râles

Dans les steppes de Patagonie ou d’Asie

Abasourdis de langage en détresses nocturnes

Armés des sillons mécaniques

De nos jouets amphibiens

Et du plomb dans les joues

Une machine à pleurer

D’où pourraient s’écœurer

Nos plus anciens tabous

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 17:05

 

Le creuset mythologique

 

 

Dans les activités scientifiques à la petite semaine, j’erre serein parmi vous sur cette terre —je suis un ingénieur en sûreté nucléaire. On m’a embauché pour effectuer des tâches précises et quasi-invariables si tout se passe, il va s’en dire, comme il se doit, alors à moi de me conformer du mieux que je peux aux règles procédurières qui me furent dictées dès mon arrivée et tout ira bien, ceci étant aussi la condition sine qua non pour la centaine de collègues chercheurs et techniciens qui travaillent en ma compagnie.

J’aime la fulgurante force divine qui émane de ces pressuriseurs et autres générateurs au service du réacteur, je les trouve, comment dirais-je, d’une beauté à la fois sophistiquée, sublime et terrifiante telle le Feu magique et purificateur que ce titan de Prométhée nous offrit à nous tous, braves petits humains.

Bien entendu, nulle n’est mon intention de vous convaincre de la grâce suave que l’on peut ressentir physiquement au contact de ces colossales machines étudiées pour être pleinement dociles et opérantes lors de leurs conceptions issues de quelques cerveaux aux fonctionnements émo-cognitifs aussi abyssaux que les parties les moins éclairées de l’univers.

Cerveaux géniaux toutefois dont la principale valeur sociale est d’impressionner autant en amont ma personne compétente en ce domaine, qu’au niveau décisionnaire, le politique à cravate bleu ciel foncé sur chemise blanche ou l’économiste à la bedaine et au portefeuille sur-gonflées, qu’en aval, vos grands yeux rivés sur votre télé haute-définition reliée à un puissant ampli qui délivre dans vos superbes enceintes hi-tech un son mega dolby surround cristallin et revigorant lorsque que vous écoutez Bach, Eminem ou Aretha Franklin.

Bien sûr, faut-il le rappeler une fois encore, je ne fais qu’exécuter des ordres programmés bien à l’avance dans cette vaste usine labyrinthique, ce qui me rappelle aussi modestement que je ne suis qu’un infime maillon —utile, soit— de cette longue chaîne atomique entortillée en de multiples serpentins véhiculant ou filtrant matières gazeuses et liquides indispensables à la réalisation de notre suprême cocktail énergétique s’en allant ennuyer la nuit et son obscurité malfaisante sur le monde. Bref, peut-être, que je vous ennuie aussi avec tout ce charabia poético-scientifique et que vous ne trouvez aucun charme lyrique à ce qui permet proprement à un réacteur de produire de l’énergie, et de surcroît de façon propre. En outre, je peux supposer que vous êtes d’esprit pratique : tant que vous avez votre bon petit chauffage en ce matin d’hiver pour maintenir un certain degré d’homéostasie dans votre joli quatre pièces citadin, que votre radio-réveil vous joue suavement ses petites ritournelles civilisées tandis que vous vous appliquez à préparer quelques tranches de pain de mie grillées juste à point pour vos deux chers bambins, alors que votre femme finit de repasser avec grand soin le col blanc de votre chemise en coton d’honnête fonctionnaire de banlieue paisible, vous ne voulez pas trop vous poser de questions car tout cela est manifestement quelque peu compliqué, de surcroît à 7 heures du matin en plein milieu de semaine ; de toute façon, on n’y peut rien sur nos choix en matière d’énergie, et d’ailleurs, de quoi devrait-on se plaindre ? Les experts vous diraient que tout cela marche à la perfection, ce 4/5 d’électricité national provenant de nos 58 réacteurs. On n’est pas ici chez les soviétiques d’Ukraine des années 80, alcooliques, bordéliques et en plus aussi maladroits que les Nord-Américains de 3 mile Island aux larges lunettes fumées pour tenter de dissimuler tant bien que mal avec des moustaches ringardes en contrepoids les narines hypertrophiées par la coco des seventies. Quand même !

Donc, en gros, vous vous moquez presque de ce à quoi ressemble une bonne centrale nucléaire française ; d’ailleurs vous ne vous êtes jamais rendu compte qu’il y en avait juste une à dix kilomètres de chez vous à vol d’oiseau et qu’il y a quelques mois, le 19 juillet autour de 4 heures et demie du matin, il y a eu soudain une épaisse fumée qui a commencé à s’échapper du réacteur 2, suite à une défaillance du condenseur, dont une partie de la structure est conçue pour récupérer l’eau du fleuve (je vous épargnerai les détails de l’incident d’ailleurs tenus secrets). De toute façon, louons notre savoir-faire, notre équipe a rapidement maîtrisé la situation (info classée également top-secret), et ce n’est, hélas, ni la première ni la dernière fois que de l’imprévisible se glisse dans une mer huilée de prévoyance et de routine quelle que soit la profession, n’est-ce pas ? Enfin, tout cela ne vous intéresse somme toute pas trop, l’ignorance est une vertu comme on dit dans certains milieux.

Cependant, pris d’un léger doute existentiel dans cette routine cotonneuse d’un matin brumeux de décembre, vous vous mettez à penser à mon travail d’ingénieur, et après quelques secondes passées dans les ténèbres de l’incertitude et de la méconnaissance du sujet, lors du brossage de vos belles dents blanches de génial sapiens, vous commencez à recracher comme une sorte de vapeurs acides sécrétées par votre imagination qui s’emballe au contact du bicarbonate de soude du dentifrice et de la brosse à dents. Finalement, la gorge desséchée mais parfaitement stérilisée, la raison parvient à reprendre le dessus —il y a en quand même une journée de travail qui attend au starting-block— et vous vous débarrassez de l’inconfortable idée grâce à un magnifique coup de zap télévisuel (les enfants réclament toujours leur cartoon du matin avant de partir pour l’école) puis de zip sémiotique, en vous disant que malgré la confiance que vous manifestez envers la science et son indissociable progrès, mon métier a tout d'un effroyable pensum sur lequel il ne vaut même pas le temps de s’attarder à l’approche du départ de votre bus ; ah tiens, comme si, tout à coup, votre travail de rond-de-cuir valait mieux que le mien ! Cela dit, avouons-le, c’est vrai, j’étouffe un peu parfois dans ce laboratoire pimpant neuf aux murs de métal lisse recouverts de boutons rouges et verts, mais n’est-ce pas invariablement le lot de tout travail effectué cinq jours sur sept à raison de quelques dizaines d’années par vie ?

Néanmoins, par un réflexe mental compensatoire, sorte de dérive complexe pour fuir ce train-train écrasant, j’ai parfois l’âme qui divague où je m’imagine seul capitaine à bord, intrépide explorateur ouvrant les vannes et voguant vers mon îlot nucléaire afin de transpercer une fois pour toute de ma dague héroïque cette jarre de Pandore renfermant son merveilleux con tenu (sic) en fusion. Ah, quels accès de fièvres priapiques extraordinaires, quand je songe au pouvoir assassin que quelques drôles d’oiseaux ont mis entre nos mains. Tout de même, qu’est-ce qu’on peut se morfondre de bon matin dans une salle de commande où ces centaines d’interrupteurs, de leviers, d’écrans et de boutons multicolores ne demanderaient pourtant qu’à se faire booster gentiment pour transformer ce lieu aseptisé en piste de danse où se désarticuleraient frénétiquement dans leur plus simple nudité Fergie et Madame Gaga (à l'exception d'une paire de bottes cloutées pour l'une ou d'une ceinture de jouets explosifs pour l'autre) dans les bras du Docteur Folamour, lunettes noires et slip kangourou, jouant entre deux étreintes au SuperSonic dj from hell avec une console numérique reliée au terminal de contrôle sur lequel apparaîtrait en grand maître de cérémonie, Will.i.am invité à mixer à distance de son studio à LA en connexion directe avec les 442 centrales de la planète le méga BOOM BOOM BOOM final....

«Welcome to the end. Do not panic. There is nothing to fear.»

Pour le reste, hormis ces quelques montées d’angoisse et de fantaisie passagères et finalement de peu d’importance en comparaison des services rendus en cette fin d’année aux beaux sapins qui éclairent de mille étoiles de Noël votre jolie ville gagnée par la félicité céleste, dans les activités scientifiques à la petite semaine, j’effectue sereinement mon bout de chemin parmi vous sur cette terre —je suis un ingénieur en sûreté nucléaire.

 

 

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 14:26

Enfants de l’Apocalypse

Jouant dans les champs de ruines poétiques

Où rien ne peut plus faire sens

Dans les éclats de conscience

 

Perte du rythme, de la foi aux symboles

De la transcendance, de la Voix lyrique

Retrait du génie humain, et de toi, feu public

Adieu Poésie

 

Au détriment du visuel suprême

Et des pornographies omniscientes

Règne du narcissisme immanent à tout va

Violences animales dans les stades

Oscillant entre oral et (b)anal

 

Renfermement, cloisonnement, sclérose des lieux scolaires

Reproduction d’ouvrages à but didactique

Et critiques très peu lus

En vue de vaines promotions universitaires

Sayonara Poésie

 

Nullité crasse du style et dictature du concept neuf mal recyclé

Du haïku readymade minable

Faussement harmonieux

Au slam lourdingue, prétentieux et pauvrement rimé

Servi par des idées à l’esprit pâteux

Asservi à des opérations de Partnership

Bye-bye Poésie

 

Millions d’albums vendus ô génie de la langue, le français est tendance

Tandis qu’inévitablement s’accentue la décadence absolue de la forme

Jamais dépassée, à peine compensée

Par la plus envoûtante des proses

Par le plus passionné des baisers au cinéma

 

Impotents les anciens dans les livres jaunis qui

N’ont pas su transmettre

Des siècles refermés

L’art des belles lettres autant que la salutaire rédemption par l’Art

A leurs élèves décervelés par le royaume des icônes vulgaires et du bruit

Aeternum vale Poésie

 

Parents à la fois complices et offusqués, trop occupés

A produire et s’oublier dans le pré-consommé

Diktat de la machine pour les oreilles, la bouche

Obstruer chaque orifice

Contrôler les évacuations

Compressions des corps malléables

Jusqu’aux inévitables implosions

 

Démembrement des organes et des sens

Dans les espaces mercatiques culturels fléchés en tous points

Et pour les yeux dont les horizons sont masqués

Par les toiles de fond, les trompe-l’œil, les écrans aussi plats que ce monde

Et les matte paintings sur nos plafonds étoilés

Pour ces yeux, il ne leur reste plus qu’à pleurer

De s’être abîmé la vue et de ne pas avoir su voir autrement

Qu’avec le filtre des interfaces oniriques paramétrées

Jusqu’à ce qu’un soir les refermer

 

Et pour la première fois au petit matin oser regarder.

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 22:30

Un jour il y aura ce beau gars qui fera

Son argent sur mon dos, son beurre d’escargot

Avec son rire idiot et sa malette au bras

Il ira vendre aux oies quelques graines de mots

 

Que j’eus plantées jadis, rêvant d’un oasis

Mais qui ne prirent guère au milieu du désert

Jusqu’au soir où sortit, parmi les immondices

Une petite fleur du ventre de la terre

 

Puis une autre d’une autre avant que ne jaillissent

Deux cent mille pistils portés par un geyser

Lui-même propulsé par un feu d’artifice :

Bombes, fusées, soleils en des bouquets bleu-vert.

 

Moi, je serai trop vieux, peut-être loin déjà

Pour voir ce que ça fait de semer hors des pots

― Tout le monde rigole, il n’y a plus d’aura ―

Que passe la poussière, adieu chers petits mots.

 

 

 

 

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 21:06

Contre toute attente

 

Nous nous déplaçons dans nos boîtes à sardine

En attendant que la nuit nous dévore –  enfin

Nous nous réveillons dans cette ville assassine

En espérant que la nuit nous enivre – en vain

 

Entre deux cauchemars et trois boissons sanguines

Nous nous recouchons – corps trop impurs et sans foi

Cocktails de liqueurs bleues mêlées aux safranines

Douleur exquise au cœur – l'amour où tout se noie.

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 20:03

 

 

 

Vestiges mycéliens

 

 

Viens cueillir mes champignons-poèmes

Enracinés en un piège à tiges

Fumigènes, liqueur de vertiges

Soleils blancs sertis d'intenses gemmes

 

Viens gober les herbes de blasphème

Meringuer le sourire au zéphyr

D’une verve exaltant le désir

Ô doux élixirs de la bohème

 

Que la potion à muse détienne

Le pouvoir de mutiler la peine

Dans un fatras de clair-obscur vert

 

Ciel puissant de l’alchimie d’un monde

Qui s’enivre de vapeur féconde

Je, l’infini, me suis entrouvert

 

 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 19:54

 

Les mots dits

 

Les mots dits de ces maudits

Qui médisent les on-dit

Méprisant les maux qu’on lie

Au malaise, aux maladies

Jusqu’au bord du lit des morts

Psalmodiés au paradis

Nous mordillent sans remords

Sur l’amour qui avilit.

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 19:34

Logorrhée

 

Niaiserie de poète

Suintant la beuverie

Véreux de mièvrerie

Qui fait mal à la tête

 

Ô vieillard ennemi

Rot verbeux de bourbasse

Ta tronche de demi

Siècle d’hier m’agace

 

Aspirateur d’étoiles

Pauvre auguste conteur

Raillé des chiens sans poils

Et de leur fier tondeur

 

Oublié de ce monde

De beaux capitalistes

Tu gis rimeur immonde

Auprès des tiers-mondistes

 

Ta barbe pue la crasse

Des cantiques foireux

Fondus dans la mélasse

Des livres sirupeux

 

Au bûcher ton papier

Coulis de caramel

Que brûle l’art pompier

Et vive les emails !

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 19:24

 

Ozoneurs (rendus à nos dépouilles)

 

L’ozoneur éraillant nos fibres erratiques

Ranime les esprits des amours amniotiques

Vivre l’exil ne vaut-il pas mieux que s’offrir

A cette alcôve où le cœur ne peut plus s’ouvrir

 

Battant dans les vaisseaux un fredon de moteur

Riveté au poitrail cynique escamoteur

D’où un gaz asphyxiant les bouches distendues

Dissipe le limon de nos langues perdues

 

Vivre l’exil ne vaut-il pas mieux qu’espérer

Dans cette cage au corps qui peine à respirer

Un instant s’affranchir de la boîte à bonheur

Et s’enfuir ivre enfin loin de son ozoneur.

 

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  • : Le blog de erts.over-blog.com
  • : His poetic style is a combination of lyrical writing with social, experimental and humorous themes. He believes that poetry has to renew with its popular functions to regain vitality in the world of French literature, as well as he likes committing most of his work to the constraints of certain traditional rules of form (to also have the pleasure of transgressing them).
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