His poetic style is a combination of lyrical writing with social, experimental and humorous themes. He believes that poetry has to renew with its popular functions to regain vitality in the world of French literature, as well as he likes committing most of his work to the constraints of certain traditional rules of form (to also have the pleasure of transgressing them).
Madame la fleuriste, Magique intimiste, Qui vous parle des fleurs Comme du bonheur : Espiègle fée joyeuse, Toujours radieuse, La vois-tu qui se presse Pleine de tendresse, Vers les belles du jour Où éclot l’amour ? Mais ce matin, le magasin n'est pas...
Enfants de l’Apocalypse Jouant dans les champs de ruines poétiques Où rien ne peut plus faire sens Dans les éclats de conscience Perte du rythme, de la foi aux symboles De la transcendance, de la Voix lyrique Retrait du génie humain, et de toi, feu public...
Ligament croisé antéro-externe du genou, La route est désormais trop longue : Dies a quo, dies a quem, grand Dieu, Combien reste-t-il de temps ? On en passe trop à traîner au lit, rêver sur les réseaux Et bien plus encore à parler à ses bottes. Demain,...
Le creuset mythologique Dans les activités scientifiques à la petite semaine, j’erre serein parmi vous sur cette terre —je suis un ingénieur en sûreté nucléaire. On m’a embauché pour effectuer des tâches précises et quasi-invariables si tout se passe,...
Coton-tige De modeste puissance, deux ouates, Le coton-tige cure sans peine Les oreilles de leur cérumen À la texture pâteuse et moite. Cependant, à l’appel de Greenpeace Qui lutte contre les immondices, Je voudrais rappeler aux marins Combien le coton-tige...
Chewing-gum En bon anglais, le chewing-gum, En français, la gomme à mâcher, Au goût de menthe, au goût de pomme, Au citron, j’aime à te cracher. Passant de la bulle au mastique, Allongé en fil élastique, Tu as le chic pour te coller Sous la table de l’écolier....
LE VISAGE DISGRACIEUX DE LA TESTOSTÉRONE (au bon souvenir de Thomas Johnson) L’avenir a détruit les poètes guindés Le monde est un enclos pour tristes cervidés Accouchant d’encornés comme on livre des bombes Insultés des sultans, piétinant les colombes...
Bijoux Depuis peut-être le Néolithique, Des créatures humaines s’appliquent À collectionner des bijoux mastoc, Faisant le bonheur des marchands de toc. Maints combats auraient pu être évités Entre les mâles, sans leur vanité À vouloir combler les ardents...
MEMPHIS (mars 2002) Parfois on ne respire plus Les freaks sont partout dans la rue Ton sang s’écoule lentement Du sablier de verre blanc Veiller à ne pas le casser — Mais qui n’en a pas plus qu’assez Du plein de ces mortes années Qu’il nous faudrait abandonner...
PYORRHÉE PLANÉTAIRE Présence de poison dans les veines du monde Aux démons putrescents sur sa peau moribonde Odeur abjecte issue d’excrémentielles bouches Un suc visqueux jaillit de suppurantes mouches Bourdonnant, tournoyant en des volées d’ivresse Au...
LA FORÊT VIERGE Dans la forêt lointaine ornée d’arbres géants, L’amant croque-mitaine y mange les curieux ; Loin des chaos urbains, bordée d’un océan, Sa vierge aux mille hymens se défend de leurs dieux. Un conte la rassure, ainsi s’envole au vent Une...
Vestiges mycéliens Viens cueillir mes champignons-poèmes Enracinés en un piège à tiges Fumigènes, liqueur de vertiges Soleils blancs sertis d'intenses gemmes Viens gober les herbes de blasphème Meringuer le sourire au zéphyr D’une verve exaltant le désir...
Ozoneurs (rendus à nos dépouilles) L’ozoneur éraillant nos fibres erratiques Ranime les esprits des amours amniotiques Vivre l’exil ne vaut-il pas mieux que s’offrir A cette alcôve où le cœur ne peut plus s’ouvrir Battant dans les vaisseaux un fredon...
Cabridan Dis-moi, le cabridan, c’est un géant, Est-il vrai qu’il a d’effroyables dents ? Est-ce qu’il crie « pish ! pish ! » ou bien « cot ! cot ! » Quand il déguste son pot de compote ?* Mais non, il ne chante qu’en occitan Et c’est un frelon qui n’a...
Courrier Catalogues, journaux, lettres, cartes, j’en passe, Épisodiquement rangés, triés, jetés ; Le courrier qui s’oublie, qui s’enlise et s’entasse Par sédimentation, sujet aux gratuités Des gestes, au hasard des diverses lectures, Se veut une œuvre...
1 an À un an le sait-on que toujours tout revient ? Le printemps suit l’hiver, l’été fuit vers l’automne Rediffusions télé, accident aérien Conflits en Palestine, un nouveau Pokémon À un an, le sait-on que l’on rend chaque bien À la terre et au ciel ‑...
Pomme de terre Racine tubéreuse, enveloppe charnue, Protubérance énorme à forme biscornue, Pour celui qui voudrait s’en mettre plein le bac, La pomme de terre a plus d’un tour dans son sac. Amie de nos beefsteaks, des moules marinière, La frite de Belgique...
Un jour il y aura ce beau gars qui fera Son argent sur mon dos, son beurre d’escargot Avec son rire idiot et sa malette au bras Il ira vendre aux oies quelques graines de mots Que j’eus plantées jadis, rêvant d’un oasis Mais qui ne prirent guère au milieu...
Logorrhée Niaiserie de poète Suintant la beuverie Véreux de mièvrerie Qui fait mal à la tête Ô vieillard ennemi Rot verbeux de bourbasse Ta tronche de demi Siècle d’hier m’agace Aspirateur d’étoiles Pauvre auguste conteur Raillé des chiens sans poils...
Poisson-chien « qu’elle fredonne l’air miraculeux des quatre points cardinaux qui nous protègent contre l’égarement du chien pour- suivant éternellement sa queue » (Extrait de : André Breton, essais et témoignages. A la Baconnière.) Lorsqu’un affreux...
Gynécide moderne Voici les spasmes électriques Des femmes enchaînées D’une heure à mille années À leurs répétitions chroniques À leurs îlots, à leur affaire Parfois coulent des larmes amères Mais point de révolte, point de haine Les yeux cloués sur les...
WISH INDEFINITE NUMBER (for Michelle) Je voudrais apaiser les souffrances du monde Avec des petits bonheurs de rien Je voudrais nettoyer les murs gris et immondes À la poudre de perlimpimpin Ça serait bien de sécher les larmes des gosses D’un coup de...
JE RÊVE AU DOUX NECTAR [1] Penché sur la tour Est Ma cotte d’armes est lourde Mes yeux sombrent Et se ferment Je rêve, ô doux nectar, du crime passionnel M’abandonner à ces nuits sans entrave et sans fil Et mon cœur tremble Mon cerveau de verre Ce monde...
Sauvés Ce dont je me souviens le plus lorsqu’enfant je traversais le Sud avec mon père, c’était la difficulté que j’avais à dormir dans ces hôtels minables durant ces insupportables nuits d’été. Les climatiseurs ne marchaient jamais, ne laissant couler...
EXIL MARIN Les jambes aux reflets cuivrés Les pieds qui courent sur la plage Les doigts qui jouent avec le sable Les bouches qui vont expirer Dans les bateaux et bouées gonflables Ont perdu en mer leur visage Dans les corps en locomotion Tout n’est plus...